22.11.63 est une mini-série de 8 épisodes, avec une durée moyenne de 50 minutes par épisode (l’épisode pilot dure 1h20 et le dernier 1h). Adapté du roman du même nom de Stephen King, James Franco qui interprète le héros de l’histoire, retourne dans les années 1960 grâce à un portail temporel pour tenter d’empêcher l’assassinat de Kennedy. La série est réalisé par Kevin Macdonald et produit par  J. J. Abrams et Joseph Boccia.

Si vous aimez partir dans une autre époque, cette série est faite pour vous. Les costumes, le décor, les plans, tout est fait pour se sentir en 1960, la réalisation est vraiment faite comme il faut. On retrouve James Franco dans le rôle principal (Jake), à la fois épatant dans sa performance d’acteur entre le monde réel et le passé mais aussi saisissant et passionnément amoureux de Sadie (Sarah Gadon), son amour envers elle transperce l’écran pour nous toucher en plein coeur.

22.11.63 n’est pas seulement une série portée uniquement sur l’assassinat de Kennedy mais résulte de moultes sujets. Entre son histoire d’amour avec la magnifique Sadie, les problèmes qu’il va rencontrer sur son chemin, les touchantes rencontres qu’il fera (notamment Mimi Corcora), le passé qui l’empêchera de vouloir changer les choses, la série ne se repose donc pas seulement sur Kennedy et est bien plus profonde qu’il n’y parait. J’ai beaucoup apprécié le jeu d’acteur de George MacKay qui interprète Bill, il a une gueule qu’on oublie pas et j’espère le revoir dans d’autres projets.

La scène finale est d’une beauté et d’une justesse incroyable. Surement l’une des plus belles et touchantes fin de série que j’ai pu voir. Il n’y a pas d’autres saisons de prévues et les producteurs ne sont pas tombé dans le piège d’aller trop loin et c’est une bonne chose. Comme quoi la quantité ne fait pas la qualité. On notera cependant quelques petites longueurs [spoiler] notamment au passage où Jack se fait tabasser et où il essaye de retrouver la mémoire, j’ai trouvé cette partie un peu inutile et il y avait peut être mieux à faire. [fin spoiler]

Le passé peut-il être changé ? Le monde peut-il être meilleur ? Changer l’histoire d’une famille est-il possible ? Telles sont les questions que posent la série. Une série qui nous fait réfléchir sur la vie et sur les choix que l’on fait. C’est à ne pas rater.


[A LIRE APRÈS AVOIR VU LA SÉRIE]

La showrunner Bridget Carpenter analyse parfaitement la série :

«Stephen King a intitulé son roman 22/11/63, qui est pour moi l’un des plus grands MacGuffin littéraires. Cette histoire ne parle pas du 22 novembre 1963. Pas vraiment en tout cas. Elle ne parle pas vraiment de JFK ou de conspiration, ni même de voyage dans le temps. C’est une histoire sur la façon dont nous nous construisons, à travers les choix que nous faisons. Jake choisit, encore et encore. Ainsi se déroule cette histoire, un événement après l’autre, une action et ses conséquences. Au final, Jake gagne et il perd. Il sauve le président, mais il perd son amour. Mais cela ne va pas l’arrêter. Il veut ‘reseter’ l’Histoire, une fois de plus, sans faire d’erreur cette fois ! Mais Harry Dunning montre à Jake à quel point le monde a mal tourné. Et il comprend que s’il continue à interférer avec le passé, il va être pris dans une boucle éternelle, comme le Yellow Card Man. Si Jake continue à revenir dans le temps, la fatalité, ce sera que Sadie va mourir, encore et encore. Jake choisit donc la vie. Il rentre chez lui, pour la dernière fois. Sadie vivra. JFK va mourir. La famille de Harry sera tuée. Jake va vivre avec ses choix en 2016. Le temps ne se déplace que dans une seule direction ».

Telle est donc la morale finale de 22/11/63, quelque peu dramatique, forcément. Une fin qui est la même que celle de l’œuvre originale. Une rareté dans les adaptations de Stephen King sur le petit écran. Mais pour Bridget Carpenter, impossible de faire autrement :

« Il est clair que cette histoire d’amour entre Jack et Sadie est le cœur battant de l’histoire de l’œuvre« , confie-t-elle dans The Hollywood Reporter. « C’est donc forcément la révélation finale. En outre, il se passe tellement de choses dans ce dernier épisode, qu’il semblait vraiment agréable de finir la série avec une telle quiétude (…) Il fallait qu’on voit Jake retrouver Sadie, savoir qu’elle est heureuse et qu’elle est bien vivante. C’est un acte incroyablement altruiste de sa part. Il a tout abandonné pour qu’elle puisse vivre. C’est une fin marquée par une grande émotion. »